Toi, prédateur, tu es partout.

partout
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Dans la rue, dans le métro, dans les bars, dans les restos, tu es partout.
Parfois même tu es au bureau. Tu rôdes, tu te balades, pervers que tu es, tu cherches ta prochaine proie. Tu es de la pire des espèces, on peine à imaginer que tu puisses être humain. Et pourtant tu es parmi nous. Tu nous entoures, tu nous regardes, tu es là. Il est des situations qui te sont propres. Tu as tes préférences, variant les « plaisirs » dans la catégorie « déviances sexuelles ».

Parfois tu es de ceux qui préfèrent le métro.

Tu aimes la proximité, les odeurs, la chaleur. Tu aimes te coller à ta proie, la caresser à travers un manteau poussant le vice à aller plus loin, profitant d’un espace confiné te procurant une certaine intimité. La demonstration s’arrêtera là. Nous t’appellerons alors frotteur à défaut de t’appeler c*nnard.

Parfois tu es de ceux qui préfèrent la rue comme terrain de jeu.

Ta soirée fut misérable, des amis tu n’en as pas. Du coup, ton plaisir à toi, c’est d’attendre la fin de la fiesta. Suivre ta proie en toute discrétion et te faufiler dans son hall d’entrée profitant d’une mini faute d’inattention de sa part (erreur !). Et là, à l’abri des regards indiscrets, tu penses être tranquille. Libre. Libre de passer à l’acte, de mettre des gestes sur tes pensées immondes. Libre d’assouvir ce que tu apparentes à un simple fantasme mais qui relève plutôt de l’acte d’un déséquilibré. Libre de toucher une femme qui ne veut pas de toi.
Mais ce soir là, un soir parmi tes nombreux soirs de perdition, tu es tombé sur elle.

Il était 5h48 quand elle a franchi la porte de son hall d’entrée accessible via un code.
Il était 5h49 quand elle s’est retrouvée coincée, plaquée contre un mur.
Tu t’es faufilé derrière elle profitant d’un moment échappant à sa vigilance. Tu voulais parler, tu l’as trouvée « charmante » (Honnêtement à cette heure là et à ce moment là, tu penses vraiment qu’elle voulait être « charmante »?!). Tu as dit être un voisin, « bizarrement »  elle ne t’avait jamais vu jusque là. De ton regard pervers et de ta voix graveleuse, tu lui as susurré de monter avec elle, tu voulais bavarder. « Bizarrement », elle t’a dit non. Ah oui ?! Tu trouves ça bizarre… Comme c’est étrange. (Non parce que c’est vrai, les filles adorent être dans de telles situations.)

Tu as cherché à débattre de la situation, à savoir pourquoi elle ne voulait pas te faire monter. Tu as insisté instaurant une distance de plus en plus réduite, la coinçant dans un espace confiné. Mais qu’est-ce que tu n’as pas compris à ce moment là ? Tu as vraiment cru que c’était une situation normale ? Tu as vu la peur dans ses yeux et tu as voulu en profiter. Tu t’es trompé d’adresse. Tu t’es trompé tout court. Gros crétin, c’est quoi ton problème ? Explique-nous à quel moment tu as jugé que c’était une bonne façon de faire ? 

Par chance, elle s’est vite reprise. Se souvenant du groupe de personnes dans la rue non loin de l’entrée, elle a appuyé sur le bouton d’ouverture de la porte qui était dans son dos, elle s’est défaite de ton emprise et a crié pour te faire sortir, te menaçant d’appeler les flics. Tu es parti quelques minutes après, quand tu as senti que la situation t’échappait. Tu t’es barré en courant comme un lâche, un gros frustré qui voulait « juste la sauter » (grande classe). « Juste ça ». Elle s’est retrouvée seule, assise par terre, à pleurer dans son hall d’entrée. À prendre conscience que tu venais de l’agresser, et de ce que qui aurait pu arriver. Tu l’as salie de ta voix, salie de ta proximité et elle s’estime « chanceuse » de ne pas avoir été salie de ton reste.
S’estimer « heureuse »… Est-ce vraiment normal ?

Cette fille, ça aurait pu être vous (et ça l’a peut-être déjà été). Mais cette fois-ci, c’était moi. Noyée dans la masse des nombreuses personnes qui ont déjà croisé la route d’un gros dérangé. Je suis loin d’être un cas isolé. Malheureusement. Certaines ont de « la chance », comme moi. Et d’autres n’en ont pas et se retrouvent brisées à vie à cause de toi.
Il était 6h du matin. Je rentrais de soirée. J’aurais pu partir travailler, cela aurait été pareil, tu étais là. Car tu es partout.

Tu es partout…

Le fait est qu’aujourd’hui, peu importe l’heure, peu importe le moment. La nuit est ton terrain de jeu favori, mais la journée aussi tu sévis. Que l’on soit en jeans, en robe, à talons ou en baskets, tu ne vois en nous qu’un trou pour assouvir tes fantasmes les plus immondes. En général les filles ne te regardent même pas. Pose toi les bonnes questions. Tu pues le pervers affûté et excité. On te fuit, tu nous fais vomir. Tu nous salis ne serait-ce qu’en posant ton regard sur nous. Et tu penses vraiment que nous allons apprécier tes mains ?

Sombre crétin. Tantôt frotteur, tantôt rôdeur, tu n’en restes pas moins un prédateur sexuel dérangé.
Tu siffles puis tu insultes quand tu es lâche et désespéré.
Tu te frottes et tu jubiles quand tu penses avoir le pouvoir.
Tu coinces et tu iras même jusqu’à violer car la connerie humaine t’as déjà trop consumé.
Mais quel est ton problème ? Tu n’es pas à même de te dire que ça ne se fait pas ?! Qu’est-ce qui t’a manqué à un moment donné pour en arriver à ça ? Qui es-tu pour faire ça ? Qui es-tu pour prendre l’ascendant sur les femmes de cette manière ? Qui es-tu pour faire tout ce mal juste pour te faire du bien ? Peu importe, la pire des excuses ne justifiera jamais un tel comportement.

Tu nous dégoutes, tu es pourri, tu es malade, on te vomit.
Toi, sombre c*nnard, homme puant de salacité, tu mériterais qu’on t’enlève tout attribut qui t’empêche de penser décemment avec ta tête.
Toi, sombre cr*vard. Tu es un v(i)oleur. Tu es prêt à v(i)oler ce qui ne t’appartiendra jamais. Tu n’es pas digne d’être considéré et tu devrais être enfermé.

A cause de mecs comme toi, on devient plus froides que la reine des glaces. On a beau vouloir ne pas généraliser, à cause de toi on se méfie de tout, on en viendrait même à ne plus vouloir sortir de chez soi, débloquant presque une certaine paranoïa. Tout ça parce qu’un jour on a croisé ta route, malgré nous.

Tu me révulses. J’ai du dégoût. Mais rien n’y fait… tu es partout.

Diglee “Stop Harcèlement de rue”

En mars dernier nous vous parlions d’une agression dans le métro. En juin 2014, l’illustratrice Diglee a consacré un post criant de vérité à se sujet, témoignage d’une situation qui lui était arrivée. Le tumblr Projet crocodiles relate sous forme de BD différentes histoires de harcèlement et de sexisme « ordinaire ». La toile pullule de ce genre de faits ou témoignages. Ce n’est certes pas nouveau. Il faut oser en parler. Oser dénoncer car il est franchement temps que cela cesse, même si c’est malheureusement de pire en pire. L’histoire se répète. Tous les jours. Dans la rue, dans le métro, dans le bus ou même au boulot. Mais ce qui est le plus déconcertant, le plus affligeant, le plus aberrant, c’est de constater la banalité quotidienne de ce genre de fait. Cet article n’est pas voué à relancer le débat. C’est un constat, le constat d’une réalité affligeante déjà évoquée de nombreuses fois, ici et ailleurs…

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Phlaury

Phlaury

"Je ne suis pas folle vous savez !"